Petite balade pour voir ce qu’est devenu le refuge que nous avons gardé toute une saison il y a près de 40 ans.
Nous n’y étions pas retournés depuis une douzaine d’années.
Départ du petit parking de la Bourgeat Noire, Gleyzin.
Accès par une route étroite et pentue depuis le village de Pinsot, déconseillée aux grands CC, croisement problématique, et parking limité.
L’itinéraire suit la vallée, en montant quasiment sans arrêt, aucun danger de se perdre !
Dénivelée : 800 mètres.
Après l’alpage du Plan (chalet rebâti) atteint par une douce montée
le sentier va franchir un premier cône d’avalanche (qui dans le temps tombait chaque année), on arrive près du torrent, belles cascades,
Puis une montée un peu plus rude et une traversée à flanc pour arriver au-dessus des cascades du premier ressaut.
On est alors à l’Oule d’en bas, un joli plateau, bergerie en ruine et l’on aperçoit le refuge sur son promontoire.
Le torrent est maintenant franchi par un «ouvrage» en béton recouvrant des tuyaux, c’est moins joli que l’ancienne passerelle en bois mais celle-ci était démantelée par les flots presque chaque Printemps. J’avais dû la refaire pour que les randonneurs puissent continuer leur parcours sans être obligé de partir hors sentier.

Cette année la neige ne descend pas très bas.
Une année, début Juin, nous étions descendu à ski depuis le col de Comberousse jusqu’à la passerelle, bien plus rapide à descendre qu’à monter !
Le refuge est juste au-dessus, il semble tout proche mais ça grimpe.
Dernière montée sur un bon sentier, on arrive juste sous le refuge, à l’endroit où je m’appuyais / reposais entre deux rochers avec mon sac de 35 kg pour faire bonne figure devant les éventuels clients.
Le refuge a été bien amélioré, du moins du point de vue du gardien, grâce à un petit agrandissement pour lui ménager un vrai coin à lui, avec une cuisine et une chambre séparées des communs.
Le refuge est gardé par un berger et sa compagne, entre Juin et fin Septembre.
Je ne connais pas les gardiens actuels, il paraît qu’ils sont sympas et que l’accueil est bon.

Les parties communes ont peu changées, mais la fresque peinte par mon épouse sur un mur a disparu depuis de nombreuses années (l'humidité ne lui avait pas réussi). Depuis les murs ont été jointoyés et des rangements ont été aménagés pour les affaires des randonneurs passant la nuit.
Déception : le bachal en bois a disparu, plus moyen de faire refroidir les bouteilles de blanc du pays !
Il y a maintenant un site web → http://refugedeloule.com/
A l’époque (1981), c’était floklo au niveau des réservations, il n’y avait pas de téléphone portable !
Nous portions tout le ravitaillement sur notre dos, à l’exception du premier voyage à l’ouverture pour monter le gaz et le bois : l’hélicoptère était alors payé par la commune.
Pour ma part je montais en 2h15 - 2h30 avec un sac de 30 à 35 kg, un copain du coin avec le même sac mettait moins de 2 heures.
Le refuge est maintenant une étape intéressante pour ceux qui suivent le nouveau GR (738) qui parcourt toute la chaîne de Belledonne entre la vallée de l’Arc et celle de la Romanche : un très bel itinéraire dont je connais une bonne partie.
Très recommandé avant qu’il devienne vraiment populaire.
Nous avons choisi de redescendre par le même itinéraire mais on peut préférer passer vers la Pierre du Pin (embranchement à l’Oule d’en Bas)
L’Oule d’en bas et le départ du sentier vers la Pierre du Pin, vus depuis le refuge


Courses et randonnées possibles depuis le refuge :
- Le Puy Gris, altitude 2908 m. Crampons et piolet nécessaires jusque environ début Juin (ou bien plus tard à la Selle du Puy Gris), le sommet s’atteint après une petite escalade sur l’arête, qui peut impressionner ceux qui n’aiment pas le vide mais il n’y a qu’un court passage délicat.
Sans une étape au refuge, ça fait une dénivelée de 1900 m, une belle bambée pour gens matinaux et très en forme !
Le glacier du Gleyzin a bougrement diminué depuis les années 80, je n’y suis pas remonté depuis de nombreuses années : que peut-il en rester ? - Autres sommets possibles si vous êtes un montagnard expérimenté : le Charmet de l’Aiguille (2820 m), le Grand Morétan par les cols de Gleyzin, Pointes de la Porte d’Eglise, passage de Tigneux, …
Plus cool :
- le col du Morétan et la bascule vers les lacs du Morétan, de la Colombière, le chalet du Merlet, Périoule et la vallée du Veyton : vraiment très chouette, et sauvage vu que l'on est maintenant obligé de partir du pont du Veyton (alti 600m), la piste forestière étant interdite.
- le chalet et col du Vay (peut aussi s’atteindre depuis le col du Morétan = jolie boucle)
- le chalet de l’Aup Bernard via le chalet du Vay (attention en début de saison, si névé, les crampons peuvent être utiles).
- le Léat par la Pierre du Pin, bascule vers le chalet du Léat puis celui du Bout et retour : très classique et balisé depuis quelques années
Pèlerinage terminé :
on en a un peu bavé, la descente ne fut pas très rapide, alors qu’à l’époque je descendais en 25 minutes (avec les poubelles du refuge dans le sac à dos !) pour rejoindre le Bedford garé sur le parking.


